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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 09:47

Un projet sans concertation

En octobre 2016, lors d’une réunion de quartier, le maire socialiste de Pantin, Bertrand Kern, annonce un projet de rénovation urbaine sur l’îlot 27. L’îlot 27 est un ensemble d’immeubles de bureaux et d’habitations, comprenant du logement social et des copropriétés, sur une immense dalle, situé dans un quartier commerçant à 5 minutes à pied de la porte de Pantin, du métro, du tramway, et à 10 minutes de la mairie de Pantin.

L’ensemble connaît des problèmes techniques inhérents à toute architecture de dalle, et des problèmes de tranquillité publique, ni plus ni moins qu’ailleurs.

Le projet prévoit la démolition d’un immeuble, 21, rue Auger, et son remplacement par un espace vert et des équipements publics. À en croire le dépliant municipal distribué dans les boîtes aux lettres, l’objectif est de « désenclaver » le quartier et de régler les problèmes de sécurité. Le dépliant fait office de « consultation »(1) : les habitants doivent se prononcer sur… le nom du futur espace vert et des équipements publics. La démolition du 21, rue Auger est donc un fait acquis.

Pour les locataires de l’immeuble, l’annonce et la manière employée font l'effet d'un tsunami car personne n’a entendu parler d’un projet de rénovation urbaine avant cette réunion publique(2). Est-on quantité négligeable quand on est locataire du parc social ? Au cours des premières réunions, qui se tiennent dans le hall du 21, rue Auger, les locataires expriment leur incompréhension, leur désarroi, leur colère, et pour certains un profond désespoir à l’idée de devoir quitter un immeuble bien situé, correctement entretenu, à des loyers abordables. Cet immeuble construit en 1982, appartient au bailleur social de la ville, Pantin Habitat. Malgré les déclarations rassurantes de la mairie, personne n’est dupe. Les locataires savent que les promesses – échanges aux mêmes conditions financières, décohabitation et relogements – sont faites pour obtenir leur consentement.

En face du 21, rue Auger se trouvent les Ateliers Hermès. Depuis une quinzaine d’années, cette société de luxe cotée en Bourse, est installée rue Auger. Elle a racheté tout le foncier disponible autour, imposant au quartier plusieurs années de travaux avec tous les désagréments que l’on imagine pour construire des bureaux de standing. Dans ce quartier encore populaire, Hermès est une citadelle, avec un vigile constamment présent et des systèmes de sécurité qui en interdisent l’accès. Sans compter la privatisation de la rue Auger lors des ventes privées, car ses clients ne se mélangent pas avec la plèbe.

Pour les habitants du 21, rue Auger, la chose est entendue : la municipalité veut se débarrasser de leur immeuble pour complaire à la société de luxe. Au sentiment d’exclusion économique et sociale, s’ajoute la perspective de la relégation territoriale.

 

Le choix de se battre

Autre sentiment qui s’exprime, l’acceptation malgré l’injustice flagrante : si le Maire annonce la démolition de l’immeuble, il n’y a plus rien à faire. Étrange mélange de colère, de peur de l’avenir, de sentiment d’injustice, et de conviction que tout est perdu parce que les puissants en ont décidé ainsi. Mais la fabrique du consentement a parfois des ratés. Des locataires du 21, rue Auger décident de se battre pour que leur immeuble ne soit pas rayé de la carte et s’organisent au sein d’une amicale CNL(3).

Certains locataires suggèrent de porter l’affaire devant un tribunal pour contester le projet sur le fonds et sur la forme. Mais c'est une démarche hasardeuse : ceux qui essayent sont généralement déboutés. Car l’argumentation de la municipalité est parfaitement défendable : le développement de la ville passe avant le sort d’une soixantaine de familles, qui seront de toute manière relogées.

Que ces familles vivent dans le quartier depuis des années, qu’elles contribuent par leurs impôts au fonctionnement de la commune, qu’elles s’investissent dans la vie associative et/ou politique locale… cela ne pèse rien face à la volonté de reconfigurer le quartier pour accueillir les nouveaux venus parisiens. La gentrification est en marche, et les pauvres doivent laisser la place.

Devant le mécontentement et l’organisation d’une délégation de locataires en mairie, la municipalité organise en décembre 2016 une réunion de « concertation » avec les habitants du 21. Là, le Maire, entouré d’élus et des services, présente le projet, et sort un as de sa manche : un deuxième projet sans la destruction de l'immeuble. Ce second projet, défini par défaut, n’a pas sa préférence. Mais il s’engage publiquement, si les habitants ne sont pas convaincus, à organiser un vote pour départager les deux projets.

 

Interroger le protocole de préfiguration

En 2014, Pantin comptait plus de 4 000 demandeurs de logements. Chaque année, Pantin Habitat, office public de HLM de la commune, principal bailleur social de ville, attribue en moyenne 250 à 300 logements (263 en 2016). L’office n'a pas construit un logement depuis 10 ans. Selon le projet d'entreprise, les prévisions de construction pour la période 2016-2021 sont de 50 logements par an. Mais dans la réalité, Pantin Habitat envisage la construction d’une centaine de logements pour les cinq prochaines années. Comment justifier alors la démolition de 63 logements sociaux dans une ville où la question du logement est aussi tendue ?

En analysant le protocole de préfiguration de renouvellement urbain rendu public par Est Ensemble en décembre 2016, on constate que les arguments avancés ne tiennent pas.

Le périmètre du quartier prioritaire de la ville sur lequel porte le projet de rénovation urbaine est curieusement dessiné, comprenant deux quartiers séparés physiquement par une nationale à 4 voies. Il englobe un quartier du Pré Saint-Gervais qui connaît une situation de très grande pauvreté, avec des immeubles dégradés qui entrent dans le champ d’un plan de résorption de l’habitat insalubre, et l’îlot 27 qui ne présente aucune de ces caractéristiques. Si le périmètre avait été réduit au seul l’îlot 27, la ville de Pantin n’aurait pas pu prétendre au classement en QPV.

Le protocole comprend des contre-vérités manifestes tel que l’enclavement du quartier, et des approximations. Il laisse sous-entendre qu’une des copropriétés est dégradée, ce qui est notoirement faux. Il prétend que la dalle présente de graves problèmes de sécurité qui nécessitent des travaux de rénovation lourds, tout en préconisant une étude préalable pour déterminer le degré exact de dégradation.

Autre argument spécieux, la dé-densification du quartier. Il est tout de même curieux de prétendre dé-densifier un quartier quand tout autour, chaque parcelle de terrain est rachetée par des promoteurs qui densifient à l’envi grâce aux permis de construire accordés par la municipalité. De là à comprendre qu’il faut dé-densifier spécifiquement les pauvres…

Les locataires prennent le taureau par les cornes. Première étape, un courrier détaillé au maire et à Est Ensemble où le projet de rénovation urbaine est interrogé point par point. Ils entreprennent un travail phénoménal en faisant signer plus de 600 pétitions dans le quartier. Cela représente des dizaines de soirées de porte à porte, et un travail de conviction de terrain qui va servir au moment du scrutin. Tous les habitants du 21, rue Auger sont tenus au courant de chaque courrier et de chaque démarche.

La CNL interpelle les services de l’État, le préfet, la DRIHL, l’ANRU en contestant les conclusions du protocole. Aucun ne répond officiellement, mais les services du préfet suivent le dossier de près, en envoyant notamment un représentant lors de l’organisation du scrutin.

Ni la municipalité ni Est Ensemble n’ont respecté les procédures prévues par la loi dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine. Il aurait fallu, outre la concertation bâclée, la mise en place d’un Conseil des citoyens et d’une Maison du projet. Le Conseil des citoyens a été constitué en toute discrétion plusieurs mois avant l’annonce de la démolition du 21, rue Auger. La municipalité a fait le choix d'un seul conseil pour trois quartiers dont les problématiques sont totalement différentes, les Courtillières, les Quatre-Chemins et l’îlot 27. Quant à la présence obligatoire des associations au Conseil, la municipalité s’est bien gardée d’y convier les associations de locataires implantées sur le territoire qui possèdent une expertise sur les questions du logement. C’est donc un Conseil des citoyens peu représentatif, en partie déserté, qui s’est retrouvé en première ligne pour expliquer aux habitants peu convaincus les bienfaits du projet de rénovation urbaine. La Maison du Projet, où les habitants du quartier devaient pouvoir s’informer, n’a pas été créée.

 

 

Des mois de lutte

Début mai 2017, après une deuxième réunion où les habitants du 21, rue Auger ont participé à des « ateliers » sur le projet, la municipalité organise une réunion d’information où tous les habitants sont invités à participer à un jeu de rôles façon « world cafe » (selon les termes du journal municipal). Considérant que l’on ne prend pas leur avenir au sérieux, aucun habitant du 21, rue Auger ou presque ne s’est déplacé.

Début mai, la municipalité doit se rendre à l’évidence : ni les ateliers ni les jeux de rôles n’ont permis d’obtenir un consensus sur le projet.

Le Maire a pris un engagement. Il est obligé de le tenir, comme la CNL le lui rappelle dans un courrier dont elle adresse copie à la DRIHL, l’ANRU, le préfet et Est Ensemble. Dans ce courrier, elle demande que les associations représentatives des locataires de la ville (CNL et CLCV) participent à l’organisation du vote pour définir son périmètre, la question posée aux habitants, la présentation des projets… Le Maire, dans un courrier daté de début juillet, donne son accord : le maire-adjoint chargé de la vie associative et de la démocratie de proximité sollicitera les associations de locataires. Mais en septembre, le journal municipal publie une double page qui présente les projets et annonce le vote, dont les modalités sont bouclées.

 

La dernière manche

Pour les habitants du 21, rue Auger, la dernière manche se joue. Les interrogations sont nombreuses : les habitants iront-ils voter et comment ? Le scrutin va-t-il être honnête ? La municipalité respectera-t-elle le vote si elle perd ?

Le travail de conviction a été fait en amont avec les pétitions. Reste à convaincre les habitants d’aller voter. Le corps électoral comprend 1 400 personnes selon la commission électorale réunie en présence d’un représentant du préfet.

Première étape : communiquer. La municipalité a des moyens énormes, les locataires n’ont que leurs forces militantes. Il faut donc être efficace. Un tract très court, qui met en lumière les enjeux du projet, est écrit et imprimé. Le Maire, mauvais joueur, le qualifiera en conseil municipal de « torchon de la CNL ».

Durant les quatre semaines qui précèdent le scrutin, les locataires du 21 parcourent la dalle, tracts à la main. Les réactions sont très positives. Les habitants des immeubles voisins se sentent concernés : ils ont peur d’être les prochains visés par une démolition.

Le jour J, le 7 octobre 2017, les militants de la CNL arrivent à l’ouverture du bureau de vote pour surveiller les opérations. Le dépouillement donne le projet sans démolition vainqueur à 10 voix près(4). La participation, 16 %, n’est pas énorme, mais le maire s’est engagé à respecter le vote, ce qu'il confirmera dans un courrier adressé aux habitants.

Pour les locataires du 21, rue Auger, c’est un immense soulagement, d’autant que la victoire n’a pas été facile. Le jeudi suivant, une fête est organisée dans le hall de l’immeuble. Les locataires ont échappé à la démolition grâce à leur mobilisation. Dans une période où les défaites sont plus nombreuses que les victoires, celle-ci est emblématique. Elle démontre que l’on peut faire reculer des projets iniques et des institutions qui ont de plus en plus tendance à bafouer les droits des citoyens. À condition de se battre !

 

 

Caroline ANDREANI

Administratrice CNL à Pantin Habitat

 

(1) Longtemps consultable sur le site de la ville de Pantin, ce document a aujourd’hui disparu du site.

(2) À l’exception d’une copropriété de l’îlot 27, informée dès septembre 2016, alors que le projet n’avait pas été présenté au Conseil d’administration du propriétaire de l’immeuble, Pantin Habitat.

(3) La Confédération nationale du logement.

(4) 231 exprimés sur 1 419 inscrits, 109 voix pour le « projet A » avec démolition du 21, rue Auger, 119 voix pour le « projet B », sans la démolition, 3 votes blancs et nuls.

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 08:54

Samedi 7 octobre, la muncipalité organisait le referendum sur l'avenir de l'îlot 27. 

 

Les militants de la CNL étaient présent dès 7h30 le matin pour vérifier que les opérations de vote se dérouleraient normalement. Nous sommes restés toute la journée, jusqu'au dépouillement. 

 

A l'entrée du bureau, la municipalité avait installé des panneaux "explicatifs" avec deux visuels, un projet A pimpant, plein de verdure et d'arbres. Pour un peu, on aurait entendu les petits oiseaux chanter. Et un projet B, avec le 21, rue Auger barrant la perspective. Misère...

 

Qu'à cela ne tienne. La CNL avait distribué dans tout l'îlot 27 un tract explicatif, que le maire s'est permis de qualifier publiquement en conseil municipal de "torchon de la CNL".

 

Il faut croire que le torchon brûle entre la municipalité et les habitants, puisque le projet municipal, amplement soutenu dans les colonnes de Canal (que les adhérents de la CNL, qui ont le respect des choses, se garderaient bien de qualifier de torchon), n'a pas obtenu la majorité.

 

Sur plus de 1400 inscrits, 231 personnes sont venues voter. 119 ont opté pour le projet B, 109 pour le projet A.

 

Espérons qu'à l'avenir, la municipalité saura associer les locataires de Pantin Habitat et les habitants de la dalle à la rénovation.

 

En tout cas, les locataires du 21, rue Auger ont fêté la victoire comme il se doit : ce n'est pas tous les jours que l'on réussit à faire reculer un projet de rénovation urbaine. Celui-ci, qui prévoyait de détruire 63 logements sociaux, le méritait !

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 15:39

Suite à notre interpellation sur l'organisation du scrutin sur l'avenir du 21, rue Auger, le Maire nous a répondu qu'il transmettait notre courrier à "Monsieur Mathieu MONOT, Adjoint au Maire délégué à la Démocratie locale, à la Qualité de l'espace public, aux Travaux et à la Politique de la Ville afin qu'il puisse vous recevoir dans les meilleurs délais".

 

De deux choses l'une, ou Monsieur MONOT était tellement occupé à peaufiner les termes du scrutin du 7 octobre et il n'a pas eu le temps de contacter les associations représentatives des locataires.

 

Ou il se soucie comme d'une guigne des habitants et de leurs représentants, la Démocratie locale étant une compétence totalement secondaire dans l'ensemble de ses nombreuses délégations.

 

D'une manière ou d'une autre, c'est bien le même mépris des habitants qui s'exprime depuis 2016 et le lancement du projet scandaleux de destruction d'un immeuble de 63 logements sociaux.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 15:38

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 15:21

Pantin, le 18 avril 2017

 

objet : rénovation urbaine de l'îlot 27

 

Monsieur le Maire,

 

 

Nous avons eu la surprise d'apprendre qu'il existait un conseil citoyen à Pantin, regroupant trois quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), les Courtillières, les Quatre-Chemins et l'îlot 27. La loi préconise la création d'un comité citoyen par QPV, mais la constitution d'un conseil citoyen regroupant plusieurs QPV sur une même ville est possible. C'est un peu curieux pour des quartiers aussi éloignés géographiquement, avec des problématiques qui ne se recoupent en aucune manière. Ce n'est a fortiori pas un gage de cohérence ni d'efficacité, surtout quand la création de cet organe s'est faite en catimini, sans prévenir ni les habitants ni les associations représentatives des locataires. Nous n'en connaissons pas les membres mais nous savons toutefois qu'aucun locataire du 21, rue Auger n'a été « tiré au sort » pour en faire partie.

 

Puisque ce conseil citoyen existe et qu'il se réunit nous dit-on, nous souhaiterions en connaître les membres ainsi que les associations qui en font partie.

 

Cela ne remet pas en cause notre demande initiale, à savoir la création d'un conseil citoyen pour le QPV Sept-Arpents-Stalingrad, ainsi qu'une maison du projet afin que les habitants du quartier puissent prendre connaissance des projets de rénovation urbaine.

 

Quant à l'atelier urbain du 3 mai prochain ouvert à tous les habitants de Pantin, sous forme d'atelier participatif « world cafe » avec jeu de rôle (au passage, il serait intéressant de savoir ce qu'est un atelier « world cafe »), il reste en travers de la gorge de beaucoup de locataires qui n'apprécient pas que l'on traite de leur avenir avec une telle légèreté.

 

Vous avez pris publiquement l'engagement, si le projet de rénovation avec démolition de l'îlot 27 n'était pas accepté, d'organiser une consultation publique des habitants du quartier. Lors de l'atelier urbain du 31 mars réunissant en mairie les locataires du 21, rue Auger, aucun des trois groupes n'a souscrit à la démolition de l'immeuble.

 

Nous sommes donc à votre disposition pour vous rencontrer et travailler avec vos services afin de définir le périmètre de cette consultation, son organisation et les termes dans lesquels elle sera posée. En effet, jusqu'à présent la co-élaboration a été totalement négligée. Il est donc temps de travailler avec les habitants du quartier qui sont concernés au premier chef.

 

Nous organisons à cet effet une réunion d'habitants le 26 avril prochain. Nous serions heureux de vous y accueillir.

 

Dans l'attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de nos sentiments distingués.

 

 

 

 

 

Caroline ANDREANI

Administratrice CNL de Pantin Habitat

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 08:57

Alors que ni les municipalités de Pantin et du Pré Saint-Gervais, ni Est Ensemble n'ont respecté la loi en ne créant pas le conseil citoyen qui aurait permis aux habitants du quartier des Sept-Arpents-Stalingrad de peser sur le protocole de préfiguration, le maire de Pantin convie à la va-vite une réunion avec les locataires du 21, rue Auger. Enfin! Cerise sur le gâteau, c'est pour parler relogement. De qui se moque-t-on? 

La CNL a répondu au maire.

 

objet : réunion d'échanges concernant la rénovation urbaine de l'îlot 27

 

Monsieur le Maire,

Les locataires du 21, rue Auger ont bien reçu le courrier nominatif les conviant à une réunion d'échanges le 31 mars prochain. Nous nous félicitions que leur avis soit recueilli, ce qui jusque-là n'avait pas été le cas. Mais le cadre proposé n'est pas satisfaisant.

 

Il pose un problème de fonds et un problème de forme.

 

Le problème de forme, c'est que la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion sociale, qui prescrit la mise en place d'un conseil citoyen dans chaque quartier prioritaire de la politique de la ville, n'a pas été respectée. Nous avons saisi le préfet de la Seine-Saint-Denis et le directeur de l'ANRU pour les en informer et exiger une véritable concertation.

 

Sur le fonds, à partir du moment où l'ordre du jour défini unilatéralement intègre la question du relogement, il s'agit d'acter la démolition du 21, rue Auger. Or, les locataires, dans leur majorité, refusent la démolition. Ils n'ont donc pas l'intention de discuter relogement, mais respect de la loi.

 

La circulaire du 2 février 2017 relative aux conseils citoyens est explicite. Nous attendons donc qu'un conseil citoyen soit mis en place dans les plus brefs délais, afin d'instaurer un véritable travail collaboratif où l'avis de tous les protagonistes s'exprimera.

 

Dans l'attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de nos sentiments distingués.

 

Caroline ANDREANI Administratrice CNL de Pantin Habitat

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 08:53

Après avoir lu attentivement le protocole de préfiguration adopté par Est Ensemble fin 2016, la CNL détaille toutes les affirmations sujettes à caution concernant la situation du quartier des Sept-Arpents.

 

 

A l’attention de Monsieur GRIVEL, Directeur général

 

objetprotocole de préfiguration NPNRU Est Ensemble

                Pantin et le Pré Saint-Gervais

                Les Sept-Arpents-Stalingrad (PRIR-QP093023)

 

Monsieur le Directeur général,

 

Les locataires du 21, rue Auger à Pantin souhaitent attirer votre attention sur plusieurs points relatifs au « Protocole de préfiguration NPNRU Est Ensemble-novembre 2016 » concernant le quartier des Sept-Arpents-Stalingrad situé à Pantin et au Pré Saint-Gervais.

On peut se demander pourquoi un QPV rassemblant deux quartiers aussi différents que les Sept-Arpents et l'îlot 27, sans cohésion entre eux puisque séparés par une nationale à quatre voies, a été ainsi créé.

La procédure de co-construction, introduite par la loi du du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion sociale qui prescrit la mise en place d'un conseil citoyen dans chaque quartier prioritaire de la politique de la ville, n'a pas été respectée.

En effet, le maire de Pantin a annoncé lors d’une réunion de quartier le 17 octobre 2016 la destruction d'un immeuble de 63 logements sociaux, 21, rue Auger à Pantin, sans que les locataires du bailleur Pantin Habitat en aient été informés au préalable, ni le conseil d'administration de Pantin Habitat où siègent des représentants des associations représentatives des locataires, la CNL et la CLCV. L’annonce du projet de démolition de l’immeuble est arrivée par le biais d’un dépliant municipal déposé dans les boites aux lettres le 31 octobre 2016. Le 14 novembre, un courrier non nominatif signé par un adjoint au maire et par la présidente de Pantin Habitat, informait de la démolition et des modalités de déménagement.

Le protocole de préfiguration d'Est Ensemble cite la création de conseils citoyens et d’une maison des projets qui auraient dû voir le jour au premier trimestre 2016. A ce jour, aucune de ces deux structures, expressément prévues par la loi, n’existe.

Puisque les habitants n'ont été ni informés, ni consultés, et qu'ils n'ont pas pu participer à la co-élaboration du protocole de préfiguration, nous tenons à contester plusieurs points du diagnostic  concernant le quartier des Sept-Arpents-Stalingrad, principalement à propos de l'îlot 27 à Pantin.

  1. « L’îlot 27 est un ensemble bâti contrastant avec le tissu faubourien qui l’entoure ». (page 15)

L’îlot 27 est entouré tout le long de la rue Auger par les immeubles de la société Hermès construits en plusieurs phases de 1991 à 2015. Il comprend l'immeuble d'habitation du Trisolaire construit en 1978, la Tour Essor, tour de bureaux construite en 1977, des immeubles du bailleur social le Logement français construits en 1988 et des immeubles de l'office public de l'habitat Pantin Habitat qui datent des années 1980.

Le tissu faubourien a disparu depuis bien longtemps dans le quartier, notamment sous l'action d'Hermès qui a racheté le patrimoine diffus, a rasé l'ensemble et reconstruit des centaines de m² de bureaux. Plusieurs opérations immobilières d'accession à la propriété ont vu le jour, changeant radicalement la physionomie du quartier.

  1. « dalle, sentiment d’insécurité » (page 15)

Il existe dans le quartier de l'îlot 27 des trafics, comme dans le reste de la ville, et comme dans de nombreuses autres communes du département. Affirmer comme un fait établi que la démolition d'un seul immeuble – où habitent des personnes parfaitement insérées dans le tissu social et économique de la ville – permettra de faire reculer le « sentiment d'insécurité » relève de l'incantation et d'un défaut d'analyse des causes des trafics.

Aucune opération ANRU n'a jamais résolu en elle-même le problème de l'économie parallèle générée par la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale.

  1. « Équipements et commerces déqualifiés » (page 15)

Peu de quartiers pantinois possèdent autant d’équipements publics et de commerces de proximité. L’îlot 27 comprend de nombreux équipements publics : la crèche Lempereur, l’école Eugénie Cotton, la maison de quartier Ourcq, la ludothèque. L’îlot 27 est situé en face du Stade Jules Ladoumègue et de son gymnase situés sur l’emprise foncière de Paris du côté de périphérique attenant à Pantin.

De nombreux commerçants sont situés à proximité de l'îlot 27. Peut-on qualifier les magasins Leclerc et Franprix de « commerces déqualifiés » ? Le quartier comprend deux boulangeries, deux pharmacies, deux banques, des restaurants… Par ailleurs, la municipalité peut préempter les fonds de commerce si elle le souhaite afin d'implanter des commerces « qualifiés ».

  1. « enclavement » (page 15) ; « Ouvrir l’îlot 27 au tissu urbain environnant […] y attirer des habitants extérieurs à l’îlot […] à travers des actions de résidentialisation » (page 40)

L'argument de l'enclavement du quartier de l'îlot 27 qui sert de prétexte à la démolition de l'immeuble 21, rue Auger ne tient pas. Situé en zone limitrophe de Paris, l’îlot 27 est fortement connecté au tissu urbain environnant, à quelques minutes du métro et du tramway T3, du parc de La Villette, de la Cité des Sciences et de l'Industrie, du Zénith et de La Philarmonie, à dix minutes à pied de la mairie de Pantin.

Par contre, le projet de résidentialisation de l’ensemble des immeubles d’habitation qui composent l’îlot 27 peut contribuer à restreindre les contacts qui existent entre les habitants des différents groupes d’immeubles.

  1. « requalification de l'ouvrage-dalle » (page 40)

L'ouvrage-dalle de l'îlot 27, qui supporte plusieurs groupes d'immeubles d'habitation (deux bailleurs sociaux, Pantin Habitat et le Logement français, une copropriété, le Trisolaire) et la tour de bureaux Essor, est géré par un syndic de copropriété, l'Association syndicale libre. La mairie de Pantin souhaiterait effectuer des travaux (reprise d’étanchéité et reprise de la surface et des parkings), mais ceux-ci ne sont pas à l'ordre du jour de toutes les copropriétés.

Le maire souhaite faire prendre en charge à hauteur de 50 % ces travaux par le NPNRU. Si des problèmes de structure graves étaient avérés (ce que seule une étude technique – d'ailleurs programmée dans le protocole de préfiguration – permettrait de vérifier), la mairie peut avoir recours à un arrêté de péril qui obligerait les copropriétaires à réaliser les travaux.

  1. « Encourager la mixité sociale […] sur le quartier, à prix maîtrisés. Ainsi, les opérations d’accession à la propriété seront privilégiées » (page 40)

Le protocole affirme vouloir privilégier la mixité sociale. Mais en mettant la focale sur le seul îlot 27, on ne voit pas que tout le quartier depuis la porte de Pantin jusqu'à la rue Auger fait l'objet de programmes d'accession à la propriété qui changent la population de la ville. C'est justement en maintenant du logement social que l'on préservera la mixité sociale qui est en train de disparaître du quartier.

D'ailleurs, de quelle mixité sociale parle-t-on ? Le m² à l’achat dans ce quartier est très cher, et inaccessible à la classe moyenne, surtout aux locataires du parc social pour qui l'accession est inenvisageable. Loin de favoriser la mixité sociale, le projet permettra au contraire d'accélérer le processus de gentrification à l’œuvre dans toute la ville de Pantin.

  1. « Une étude pré-opérationnelle habitat privé dégradé et focus sur la gestion financière et le fonctionnement de la copropriété du Trisolaire sur l’îlot 27 » (page57)

Le Trisolaire est une copropriété que l'on peut difficilement qualifier d'habitat privé dégradé. Le conseil syndical est-il au courant de cette étude ?

Nous avons écrit au Préfet de Seine-Saint-Denis afin que les dispositifs de co-élaboration prévus par la loi soient respectés, au premier chef la création du conseil citoyen et de la maison des projets.

Nous entendons que les habitants de l'îlot 27 soient écoutés, et qu'ils puissent participer, comme il est prévu dans la circulaire du 2 février 2017 relative au conseils citoyens, à la co-élaboration du projet. En effet, la requalification de l'îlot 27 mérite l'implication et la participation réelle des habitants du quartier.

Les locataires du 21, rue Auger, organisés au sein d'une amicale CNL, attendent des réponses à leurs observations et veulent participer à la constitution du conseil citoyen, ainsi qu'aux instances du contrat de ville – comités techniques, comités de pilotage et comités de financeurs –, comme il est prévu par la loi.

Nous nous tenons donc à la disposition de l'ANRU et des instances d'Est Ensemble.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de nos sincères salutations.

 

Béatrice RONDEL Présidente de l'amicale CNL

Raymond MOURLON  Président de la section CNL de Pantin

Caroline ANDREANI Représentante des locataires au Conseil d'administration de Pantin Habitat

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 07:06

La CNL interpelle le Préfet afin que les maires de Pantin et du Pré Saint-Gervais respectent la loi et créent un conseil citoyen.

 

Monsieur le Préfet,

 

 

Est Ensemble a publié en novembre 2016 un protocole de préfiguration NPNRU dans lequel sont détaillés plusieurs projets de rénovation urbaine, dont celui qui concerne le quartier des Sept-Arpents-Stalingrad, à cheval sur Pantin et Le Pré Saint-Gervais (PRIR-QP093023).

 

Contrairement à ce que prévoit la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion sociale qui prescrit la mise en place d'un conseil citoyen dans chaque quartier prioritaire de la politique de la ville, et à la circulaire du 2 février 2017, aucun conseil citoyen n'a été créé dans la phase qui précédait l'adoption du protocole début 2016.

 

Nous vous interpellons donc pour que, conformément à la loi, un conseil citoyen soit créé dans le quartier Sept-Arpents-Stalingrad. En effet, les habitants du quartier sont opposés au projet de démolition de l'immeuble situé 21, rue Auger, dans l'îlot 27. Il s'agit d'un immeuble de 63 logements sociaux appartenant au bailleur Pantin Habitat, livré en 1980, qui ne présente aucune caractéristique de vétusté ou de dégradation.

 

Les habitants du quartier contestent la plupart des arguments développés dans le protocole de préfiguration – sécurité, enclavement, déqualification des commerces, absence de mixité sociale, etc. Si les maires de Pantin et du Pré Saint-Gervais avaient respecté la loi en créant un conseil citoyen, nous aurions pu développer ces arguments et peser sur les orientations développées dans le protocole.

 

Nous souhaitons être partie prenante de la création du conseil citoyen afin que sa composition respecte les dispositions de la loi, notamment une représentation de 50 % de citoyens et de 50 % d'associations. Nous serons vigilants à ce que l'amicale CNL du 21, rue Auger et la section CNL de Pantin soient représentées. Pour mémoire, la CNL est la première organisation en terme de représentativité des locataires chez le bailleur Pantin Habitat.

 

Nous voulons, comme le prévoit expressément la circulaire du 2 février 2017, que les représentants du conseil citoyen siègent dans les instances du contrat de ville – comités techniques, comités de pilotage et comités de financeurs.

 

Enfin, nous vous adressons le courrier que nous envoyons à l'ANRU et aux membres du comité technique de la direction de l'habitat et du renouvellement urbain. A défaut d'avoir pu participer à la co-élaboration dans le cadre d'un conseil citoyen, nous entendons informer les différents participants des réserves que nous avons.

 

Nous restons à votre disposition et vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de notre haute considération.

 

Caroline ANDREANI, administratrice CNL à Pantin Habitat

Marc RUER, Président de la Fédération CNL de Seine-Saint-Denis

 

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 18:04

Mercredi 23 février, la Cour des comptes a publié un rapport dans lequel elle livre des propositions pour loger les personnes les plus défavorisées. Ses recommandations sont entièrement tournées vers le matraquage des locataires en place : bail à durée déterminée, abaissement des plafonds, renforcement du surloyer. La CNL dénonce cette méthode qui stigmatise les locataires HLM et n’offre pas de réelles solutions à la crise du logement.

 

La liste des propositions de la Cour des comptes frappe par sa ressemblance avec les idées traditionnelles de la commission européenne ou du lobby des propriétaires immobiliers sur le logement social.

 

La Cour propose la mise en place de baux de courte durée dans le logement HLM. C’est remettre en cause un progrès social important et au cœur du modèle HLM français : le droit au maintien dans les lieux pour les locataires. Ce droit au maintien dans les lieux est l’inverse de la précarité, c’est une conquête du mouvement des locataires qui permet aux habitants d’être sécurisés sur leur avenir résidentiel.

 

Face à la proposition d’abaisser les plafonds d’accès au logement social, la CNL rappelle qu’un couple d’enseignants ou d’infirmiers ne peut pas, le plus souvent, accéder aujourd’hui à un logement social. Un problème pour la mixité de nos quartiers mais une aubaine pour les promoteurs privés, qui voient là de jolies sources de profits.

 

Au moment où chacun constate que nos cités ont perdu en mixité sociale, la cour des comptes suggère de paupériser davantage le logement social. Si ces recommandations étaient appliquées, cela nuirait au pouvoir d’achat de nombreux locataires et au vivre ensemble dans nos quartiers.

 

En définitive, les propositions de la cour des comptes conduisent à pointer du doigt les locataires HLM et surtout à détourner le regard des véritables problèmes. La France est incapable depuis des années de répondre à la demande car elle ne construit pas assez de logements HLM, faute de financements. Dans son livret de propositions « Priorité aux Habitants », la CNL demande des moyens importants pour le logement social et notamment l’augmentation des subventions directes de l’Etat.

 

Pour connaître ces propositions en détails, www.lacnl.com

 

Rejoignez la CNL, soutenez notre action,
signez notre pétition en ligne
Priorité aux habitants sur Change.org.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 18:00

Monsieur le Maire,

Suite à la réunion d'information tenue le 26 janvier dernier au salon d'honneur de l'hôtel de ville, nous avons le plaisir de vous informer de la création d'une amicale CNL au 21, rue Auger.

Dans le cadre du projet de rénovation urbaine du quartier des Sept Arpents-Stalingrad, l'amicale CNL entend être un interlocuteur incontournable. Comme vous le savez, la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, dans son titre II intitulé « Nouveau programme de renouvellement urbain », a prévu des dispositions afin d'améliorer la concertation avec les habitants et les locataires dans la cadre du NPNRU.

À ce jour, nous attendons donc que ces dispositions soient mises en place puisque les études pré-opérationnelles et les études programmées sur l'îlot 27 doivent débuter incessamment. Nous attendons notamment la création de conseils citoyens et d'une maison des projets, structures dans lesquelles nous voulons, en tant qu'association représentative des locataires, prendre toute notre place.

Nous avons d'ores et déjà plusieurs interrogations sur la pertinence de la démarche décrite dans le « protocole de préfiguration NPNRU Est ensemble » (novembre 2016), où la copropriété du Tri Solaire est qualifiée de dégradée, ce qui à notre connaissance est faux. En effet, la copropriété du Tri Solaire ne présente aucune des caractéristiques d'une copropriété dégradée, et nous doutons donc que les fonds dégagés dans le cadre du NPNRU puissent être affectés à la rénovation de la dalle. En effet, si celle-ci atteint un tel degré de dégradation qu'elle présente un danger, la mairie peut peut prendre un arrêté de péril ordinaire qui force les copropriétaires, tous solvables, à payer leur quote-part des travaux.

Nous attendons donc avec impatience les résultats des études pré-opérationnelles concernant le Tri Solaire, l'étude technique pré-opérationelle de la dalle, ainsi que l'étude technique et les diagnostics préalables à la démolition du 21, rue Auger.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de nos salutations distinguées.

Raymond MOURLON, Président de la section CNL de Pantin

Caroline ANDREANI, administratrice CNL au CA de Pantin Habitat

Copies :

  • M. le Président d'Est Ensemble, président du comité de pilotage du contrat de ville

  • Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement de Seine-Saint-Denis

  • Madame la Présidente de Pantin Habitat

 

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