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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 08:53

Après avoir lu attentivement le protocole de préfiguration adopté par Est Ensemble fin 2016, la CNL détaille toutes les affirmations sujettes à caution concernant la situation du quartier des Sept-Arpents.

 

 

A l’attention de Monsieur GRIVEL, Directeur général

 

objetprotocole de préfiguration NPNRU Est Ensemble

                Pantin et le Pré Saint-Gervais

                Les Sept-Arpents-Stalingrad (PRIR-QP093023)

 

Monsieur le Directeur général,

 

Les locataires du 21, rue Auger à Pantin souhaitent attirer votre attention sur plusieurs points relatifs au « Protocole de préfiguration NPNRU Est Ensemble-novembre 2016 » concernant le quartier des Sept-Arpents-Stalingrad situé à Pantin et au Pré Saint-Gervais.

On peut se demander pourquoi un QPV rassemblant deux quartiers aussi différents que les Sept-Arpents et l'îlot 27, sans cohésion entre eux puisque séparés par une nationale à quatre voies, a été ainsi créé.

La procédure de co-construction, introduite par la loi du du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion sociale qui prescrit la mise en place d'un conseil citoyen dans chaque quartier prioritaire de la politique de la ville, n'a pas été respectée.

En effet, le maire de Pantin a annoncé lors d’une réunion de quartier le 17 octobre 2016 la destruction d'un immeuble de 63 logements sociaux, 21, rue Auger à Pantin, sans que les locataires du bailleur Pantin Habitat en aient été informés au préalable, ni le conseil d'administration de Pantin Habitat où siègent des représentants des associations représentatives des locataires, la CNL et la CLCV. L’annonce du projet de démolition de l’immeuble est arrivée par le biais d’un dépliant municipal déposé dans les boites aux lettres le 31 octobre 2016. Le 14 novembre, un courrier non nominatif signé par un adjoint au maire et par la présidente de Pantin Habitat, informait de la démolition et des modalités de déménagement.

Le protocole de préfiguration d'Est Ensemble cite la création de conseils citoyens et d’une maison des projets qui auraient dû voir le jour au premier trimestre 2016. A ce jour, aucune de ces deux structures, expressément prévues par la loi, n’existe.

Puisque les habitants n'ont été ni informés, ni consultés, et qu'ils n'ont pas pu participer à la co-élaboration du protocole de préfiguration, nous tenons à contester plusieurs points du diagnostic  concernant le quartier des Sept-Arpents-Stalingrad, principalement à propos de l'îlot 27 à Pantin.

  1. « L’îlot 27 est un ensemble bâti contrastant avec le tissu faubourien qui l’entoure ». (page 15)

L’îlot 27 est entouré tout le long de la rue Auger par les immeubles de la société Hermès construits en plusieurs phases de 1991 à 2015. Il comprend l'immeuble d'habitation du Trisolaire construit en 1978, la Tour Essor, tour de bureaux construite en 1977, des immeubles du bailleur social le Logement français construits en 1988 et des immeubles de l'office public de l'habitat Pantin Habitat qui datent des années 1980.

Le tissu faubourien a disparu depuis bien longtemps dans le quartier, notamment sous l'action d'Hermès qui a racheté le patrimoine diffus, a rasé l'ensemble et reconstruit des centaines de m² de bureaux. Plusieurs opérations immobilières d'accession à la propriété ont vu le jour, changeant radicalement la physionomie du quartier.

  1. « dalle, sentiment d’insécurité » (page 15)

Il existe dans le quartier de l'îlot 27 des trafics, comme dans le reste de la ville, et comme dans de nombreuses autres communes du département. Affirmer comme un fait établi que la démolition d'un seul immeuble – où habitent des personnes parfaitement insérées dans le tissu social et économique de la ville – permettra de faire reculer le « sentiment d'insécurité » relève de l'incantation et d'un défaut d'analyse des causes des trafics.

Aucune opération ANRU n'a jamais résolu en elle-même le problème de l'économie parallèle générée par la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale.

  1. « Équipements et commerces déqualifiés » (page 15)

Peu de quartiers pantinois possèdent autant d’équipements publics et de commerces de proximité. L’îlot 27 comprend de nombreux équipements publics : la crèche Lempereur, l’école Eugénie Cotton, la maison de quartier Ourcq, la ludothèque. L’îlot 27 est situé en face du Stade Jules Ladoumègue et de son gymnase situés sur l’emprise foncière de Paris du côté de périphérique attenant à Pantin.

De nombreux commerçants sont situés à proximité de l'îlot 27. Peut-on qualifier les magasins Leclerc et Franprix de « commerces déqualifiés » ? Le quartier comprend deux boulangeries, deux pharmacies, deux banques, des restaurants… Par ailleurs, la municipalité peut préempter les fonds de commerce si elle le souhaite afin d'implanter des commerces « qualifiés ».

  1. « enclavement » (page 15) ; « Ouvrir l’îlot 27 au tissu urbain environnant […] y attirer des habitants extérieurs à l’îlot […] à travers des actions de résidentialisation » (page 40)

L'argument de l'enclavement du quartier de l'îlot 27 qui sert de prétexte à la démolition de l'immeuble 21, rue Auger ne tient pas. Situé en zone limitrophe de Paris, l’îlot 27 est fortement connecté au tissu urbain environnant, à quelques minutes du métro et du tramway T3, du parc de La Villette, de la Cité des Sciences et de l'Industrie, du Zénith et de La Philarmonie, à dix minutes à pied de la mairie de Pantin.

Par contre, le projet de résidentialisation de l’ensemble des immeubles d’habitation qui composent l’îlot 27 peut contribuer à restreindre les contacts qui existent entre les habitants des différents groupes d’immeubles.

  1. « requalification de l'ouvrage-dalle » (page 40)

L'ouvrage-dalle de l'îlot 27, qui supporte plusieurs groupes d'immeubles d'habitation (deux bailleurs sociaux, Pantin Habitat et le Logement français, une copropriété, le Trisolaire) et la tour de bureaux Essor, est géré par un syndic de copropriété, l'Association syndicale libre. La mairie de Pantin souhaiterait effectuer des travaux (reprise d’étanchéité et reprise de la surface et des parkings), mais ceux-ci ne sont pas à l'ordre du jour de toutes les copropriétés.

Le maire souhaite faire prendre en charge à hauteur de 50 % ces travaux par le NPNRU. Si des problèmes de structure graves étaient avérés (ce que seule une étude technique – d'ailleurs programmée dans le protocole de préfiguration – permettrait de vérifier), la mairie peut avoir recours à un arrêté de péril qui obligerait les copropriétaires à réaliser les travaux.

  1. « Encourager la mixité sociale […] sur le quartier, à prix maîtrisés. Ainsi, les opérations d’accession à la propriété seront privilégiées » (page 40)

Le protocole affirme vouloir privilégier la mixité sociale. Mais en mettant la focale sur le seul îlot 27, on ne voit pas que tout le quartier depuis la porte de Pantin jusqu'à la rue Auger fait l'objet de programmes d'accession à la propriété qui changent la population de la ville. C'est justement en maintenant du logement social que l'on préservera la mixité sociale qui est en train de disparaître du quartier.

D'ailleurs, de quelle mixité sociale parle-t-on ? Le m² à l’achat dans ce quartier est très cher, et inaccessible à la classe moyenne, surtout aux locataires du parc social pour qui l'accession est inenvisageable. Loin de favoriser la mixité sociale, le projet permettra au contraire d'accélérer le processus de gentrification à l’œuvre dans toute la ville de Pantin.

  1. « Une étude pré-opérationnelle habitat privé dégradé et focus sur la gestion financière et le fonctionnement de la copropriété du Trisolaire sur l’îlot 27 » (page57)

Le Trisolaire est une copropriété que l'on peut difficilement qualifier d'habitat privé dégradé. Le conseil syndical est-il au courant de cette étude ?

Nous avons écrit au Préfet de Seine-Saint-Denis afin que les dispositifs de co-élaboration prévus par la loi soient respectés, au premier chef la création du conseil citoyen et de la maison des projets.

Nous entendons que les habitants de l'îlot 27 soient écoutés, et qu'ils puissent participer, comme il est prévu dans la circulaire du 2 février 2017 relative au conseils citoyens, à la co-élaboration du projet. En effet, la requalification de l'îlot 27 mérite l'implication et la participation réelle des habitants du quartier.

Les locataires du 21, rue Auger, organisés au sein d'une amicale CNL, attendent des réponses à leurs observations et veulent participer à la constitution du conseil citoyen, ainsi qu'aux instances du contrat de ville – comités techniques, comités de pilotage et comités de financeurs –, comme il est prévu par la loi.

Nous nous tenons donc à la disposition de l'ANRU et des instances d'Est Ensemble.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de nos sincères salutations.

 

Béatrice RONDEL Présidente de l'amicale CNL

Raymond MOURLON  Président de la section CNL de Pantin

Caroline ANDREANI Représentante des locataires au Conseil d'administration de Pantin Habitat

 

 

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